Critique WhereToEatNow
Une feitoria était un comptoir commercial — les postes que les navires portugais tenaient le long des côtes d'Afrique et d'Asie — et le restaurant prend le nom au pied de la lettre. La carte est une carte de route : poissons et coquillages portugais rencontrant les épices arrivées sur ces mêmes navires, maniées avec assez de soin pour que le poivre ou la graine de coriandre rehausse l'assiette plutôt que de la détourner.
Les produits de la mer sont la raison de venir. Ce qu'il y a de meilleur cette semaine-là reçoit le moins d'interventions possible, discipline plus difficile qu'il n'y paraît. Gambas rouges, turbot, un bar qui arrive à peine pris — tous traités avec cette assurance qu'on n'obtient que d'une cuisine dotée d'un fournisseur vraiment bon. Les services menés par les épices sont là où le concept gagne sa vie, et où la cuisine est la plus intéressante.
Le cadre mérite son propre paragraphe. Vous êtes sur le front de mer de Belém, le fleuve est juste là, et si vous calez votre réservation au coucher du soleil, la salle fait quelque chose qu'aucune décoration ne pourrait acheter. C'est un vrai restaurant d'occasion : tables largement espacées, carte des vins sérieuse, service formel sans être guindé.
Notes honnêtes : Belém est loin du centre, alors comptez le taxi dans les deux sens. C'est cher même aux standards des étoilées, et deux ou trois services peuvent sembler plus diplomates qu'audacieux — c'est une cuisine qui joue ses points forts plutôt que de prendre des risques. Venez pour la mer, le fleuve et le sens de l'événement, et elle vous donne les trois.