Critique WhereToEatNow
Certains restaurants courent après les modes ; le Café no Chiado se contente de réussir le déjeuner, tranquillement, année après année. Niché sur le Largo do Picadeiro derrière l'opéra São Carlos, à quelques minutes de marche à plat depuis le Carmo, c'est là que journalistes lisboètes, comédiens et habitués du quartier s'installent depuis des décennies. Il y a des journaux sur des porte-revues en bois près de la porte, une petite terrasse qui prend le soleil sur la place, et une salle calme et adulte qui semble à mille lieues du flot touristique de la Rua Garrett toute proche.
La cuisine est portugaise-méditerranéenne, sûre d'elle, du genre qui n'a pas besoin de hausser la voix. Les plats de bacalhau sont fiables, le poisson du jour mérite qu'on demande, et les risottos et les pâtes offrent une alternative quand on a eu son compte de sardines grillées. Il y a une vraie carte des vins à dominante portugaise, une bonne huile d'olive sur la table et un chariot de desserts pour lequel il faut garder de la place. Comptez 25 à 35 € par personne au déjeuner, un peu plus au dîner — honnête pour la qualité et pour l'adresse.
Pourquoi venir ici depuis le Carmo ? Parce qu'après la foule et les files, on veut un endroit qui traite un long déjeuner comme un droit civilisé et non comme une transaction. Prenez un journal, commandez un verre de blanc de l'Alentejo, et regardez le quartier passer depuis la terrasse pendant que les assiettes arrivent à leur propre rythme. C'est l'antidote calme et sans hâte au fait de manger une pâtisserie debout au comptoir.
Notes honnêtes : ce n'est pas le territoire des petits prix et la maison ne cherche pas à réinventer la cuisine portugaise — c'est du confort soigné, pas des feux d'artifice. Le service peut ralentir quand la terrasse est pleine. Mais pour un repas détendu, à l'ambiance locale, à quelques minutes du couvent, peu d'adresses du Chiado le font avec autant de classe discrète.